Une belle rencontre !

Des Canaries au Cap vert en compagnie de Claire et Sylvain, bato-stoppeurs en route pour le Pacifique. Nos chemins se sont croisés à Ténérife pour notre plus grand plaisir. Et qui dit, nouveaux équipiers à bord, dit récit des aventures par leur plume…mais le Cap Vert a suscité de belles émotions et Mathilde a eu aussi l’envie de raconter son aventure donc deux articles pour le prix d’un !!! Les photos sont donc sur le post de nos bato-stoppeurs et la vidéo sur le post de Mathilde… A vos lunettes !!!

Claire et Sylvain à l’écriture ; Les Tolimara aux photos et vidéos

L´effet Tolimara, la famille qu’on n’oublie pas…

Bon alors, le casse tête c’est comment raconter ces trois semaines en aventures et anecdotes sans faire un récit de 3 Tomes… on va dire que ça commence comme ça : Partis de Bretagne, nous venions d’arriver en voilier, aux Canaries, sur la petite Île sauvage de la Graciosa.

Avec nos sacs à dos et notre guitare, Claire et Sylvain, bateau-stoppeur depuis un mois, avec comme projet de rejoindre le pacifique mais pour l’heure nous allions faire une rencontre « Mucho Bueno ».

Le 2 novembre,

Nous trouvons Pouplier III dans la Marina de Santa Cruz de Tenerife, et apercevons la famille Tolimara préparant un bon repas avec Tartare de Coryphène fraîchement pêchée. Après une soirée, même pas trop arrosée, le courant est passé, nous serons leurs prochains co-équipiers pour la traversée d’environs six jours jusqu’au Cap-Vert.

Dès le lendemain, ils nous confiaient, clés du bateau, vélos et ados, pour notre plus grand plaisir.

Le départ est retardé par une voile (Gennaker) qui n’en finit pas d’arriver : affaire sensible. Soit, cela nous permet de passer du temps ensemble.

Nous évoquons alors l’idée d’aller surfer à Los Cristianos, sud de Tenerife, lumières dans les yeux de Mathilde et Raphaël. Let’s go surfin’ !!!

Abandonnant Thomas et Lisa à leur dure tâche d’appro pour leur future transatlantique, nous emmenons les enfants, ayant été sérieux dans leurs devoirs.

« Grâce » à quelques faux départs (notre organisation n’étant pas la même que celle de leurs parents, nous avons été bluffé par leur patience), nous profitons pleinement de cette première session au coucher du soleil, face aux montagnes rougeoyantes: la grande classe.

Nous remettons ça le lendemain avec le fameux : « Vas-y, rame, rame, rame… youhouuuuu !  » chacun a eu son moment de gloire sur la vague.

Nous dormirons avec le sommeil des braves, en repensant à nos exploits et nos futures courbatures car le lendemain il faut reprendre les cours… enfin pour les enfants, car les adultes ont à faire entre session guitare et apéro, nous avons même le temps de nous perdre avec Thomas et Lisa en cherchant le marché, merci le gps 😉

A dire vrai nous avons plutôt bien travaillé car le cata est paré pour le départ, courses, plein d’eau et gazoil, le plein de mangues/aguacates et graines de courges (que Thomas arrive à décortiquer avec une aisance déconcertant Claire, déjà experte en la matière).

Après moulto rebondissements concernant le Gennaker, « Arrive t-il, n’arrive t-il pas.. », Thomas et Lisa iront mettre un coup de « pouce » dans la fourmilière administrative qui retient la voile en otage et reviennent enfin avec le colis tant attendu.

Il est temps car le balais incessant des poids-lourds et la pollution des Cruiser  du port commercial, commençaient à nous rendre vraiment impatients de reprendre la mer… qui elle aussi nous attendait, bien houleuse !

Chapitre 32, Départ dans une mer bien houleuse ! :

Nous sommes le 10 novembre quand nous larguons les amarres et la mer est agitée par un vent établi depuis plusieurs jours, rien de grave mais assez pour brasser tout l’équipage pourtant habitué, il ne faut pas s’éterniser à l’intérieur du cata. En fin de journée et après un délicieux plat de spaghettis carbo, préparé avec amour par la mama, Sylvain ouvre le bal d’une série de galettes, sa première en mer, suivie par Mathilde et Claire pendant son quart de nuit. Tout le monde garde le moral mais la mer n’est pas confortable.

Après une nuit de quarts, alternant toutes les trois – quatre heures les binômes (Lisa/Sylvain et Thomas/Claire) nous découvrons au petit jour plusieurs poissons volants, tout secs, échoués sur le pont.

Nous réalisons également que le vent qui souffle est l’Harmattan, il vient du désert, plein Est, chaud et chargé de sable, le cata est repeint couleur ocre.

Le vent est régulé entre 15 et 20 noeuds et le bateau avance bien, la houle est grosse mais plus propre, venant de l’arrière, elle nous met au surf et nous frôlons parfois les 15 noeuds.

Ce cata est une  vrai fusée et même si le vent tombe, grâce au 130m2 du fameux Gennaker, on garde une bonne moyenne. Les quarts de nuit s’enchainent, ça se voit dans les yeux des équipiers mais pas dans l’ambiance car tout le monde reste zen et l’humeur à bord est excellente.

Nous nous sentons en parfaite sécurité grâce aux consignes et aux prises de décisions de Thomas et Lisa, nous faisant part de toutes leurs idées.

Experte en stratégie et prévision de la mer, Lisa tient de près le tracé : nous apprenons beaucoup auprès d’eux.

Les journées sont rythmées par l’usine à poissons à l’arrière du bateau avec Raphael qui nous sort des Dorades dont une d’1m20 (oui monsieur !*), la boulangerie de Lisa et notre pizzaïologue professionnelle Mathilde qui déborde de créativité.

L’Harmattan se calme et nous avons enfin des nuits étoilées pour finir la traversée, réalisée en moins de 5 jours, 843 milles nautiques, à 7,5 noeuds de moyenne (oui monsieur !), la terre devrait bientôt pointer le bout de son nez.

Après un petit ralentissement du bateau pour arriver de jour sur l’île de Sal, nous approchons des côtes au lever du soleil. A Palmeiras, les parents de Thomas étaient déjà là pour passer les deux prochaines semaines à bord, chez les Tolimara. Présentations faites, nous passons tous faire les formalités d’entrée sur le territoire (et un autre tampon dans le passeport !).

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Au delà du tangage à terre, plus ou moins ressenti par l’équipage, une belle atmosphère se dégageait de ce petit port de pêche, le dépaysement est bien présent! « No stress » man ! Nous apprendrons par la suite que c’est le slogan du Cap-Vert : c’est vous dire l’ambiance.

Nos chemins devaient initialement s’arrêter ici même avec les Tolimara : nous avions prévu de rejoindre les îles de l’ouest: Sao-Nicolau, Sao-Vicente et Santo-Antao plus vertes, alors que les Tolimara avaient prévu de descendre plutôt dans le sud : Maio, Santiago et Fogo… MAIS : « on vous propose de rester au mouillage à Murdeira non loin de là » – « Ok, banco, merci ! »*

La journée, nous vaquons à nos occupations puis nous nous retrouvons le soir au bateau… leur plan avait changé : « Allons à Sao-Nicolau ensemble, ça vous dit? » – « Ok, banco, trop bien! »*

Arrivés au mouillage de Tarrafal, nous descendons du cata pour de bon, ils nous ont même raccompagné jusqu’a l’hôtel (juste pour être sûr du coup ;), c’est le moment des aurevoirs, sachant que l’on se recroisera sûrement, le village est tout petit.

Nos âmes de backpacker étaient de retour. Mais ne pouvant restés éloignés trop longtemps, nous nous retrouvons pour boire un coup au son doux son de « Morna » Capverdienne. Ils nous proposent de les accompagner en rando le lendemain. Rendez-vous à 8h au pick-up d’Antonio Pedro de la Vega, suivit d’une petite heure de marche jusqu’au village de Fragata. « Yes trop bonne idée, ça va être topmoumoute, on adore les randos ! ».

Cette rando fut épique, nous avons croisé sur la route quelques vachons (petit veau décrit par Raph!!), Thomas devint Thomash avec le bel accent d’Antonio Perdro de la Vega*, l’heure de marche se transformait en 5h.

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Sur notre chemin, nous nous arrêtons chez les habitants goûter la canne à sucre, grogues (alcool local artisanal de cannes à sucre, bref du rhum) à 10h du mat’, avec des oranges. Arrivés au village de Fragata, en haut de la montagne, c’était la teuf : enceintes sorties, musique à fond, ça dansait, ça buvait, ça préparait à manger… tout les locaux des environs avaient marché pendant 3h (enfin 2h pour eux) pour s’y rendre. Moment magique. Après ravitaillement en eau, bouchés de poisson et manioc nous redescendons sous une chaleur de plomb et pour Tomash et Sylvain 10 kg d’oranges sur l’épaule, c’était sans compter sur une petite pause grogue à mi-parcours… fou rire.

Retour au cata en fin d’aprèm tous complètement rincés et déshydratés mais des étoiles plein les yeux.

Finalement nous ré-embarquerons avec les Tolimara, le lendemain, direction Mindelo (Sao-Vincente) avec une escale à Santa-Luzia, l’île interdite.

Chapitre 53, Sant-Luzia l’île interdite

En partant de Tarrafal, nous sommes sur nos gardes car les vents entre les îles peuvent soufflés fort et sans prévenir. La mer est magnifique et nous passons entre les barques de pêcheurs, croisant une famille de dauphins et plus loin des Globicéphales avant d’atteindre le seul mouillage de Santa-Luzia.

Cette île déserte où les pêcheurs s’installent dans les ruines avant de repartir avec leurs pêches. L’arrivée à terre en annexe n’est pas aisée car de gros rouleaux se forment sur la plage, on passe in extremis entre deux vagues, avec une petite sueur. La plage est magnifique, déserte. Nous marchons jusqu’à un petit campement où nous voulons faire identifié deux poissons chassé la veille par Raphaël au harpon (pour changer de la canne, enthousiaste et hystérique, comme à son habitude).

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Nous rencontrons une équipe de jeunes biologistes, installés içi depuis deux mois et travaillant sur un programme de re-insertion d’un oiseau endémique sur l’île. Ils nous expliquent sympathiquement qu’il est interdit de débarquer sur les lieux. Trop tard… !

Il est l’heure de partir pour Mindelo, à notre arrivée à la marina, Tomash nous fait une manoeuvre d’initié, en amarrant le large Cata comme un vrai pro, dans le calme et la maitrise.

Nous voilà à quai, il est temps de vous dire au revoir, MAIS pas avant de faire les « boulets »(notre joli surnom donné par Tomash) une nuit de plus à bord car oui, on ne veut plus vous quitter (20 jours au lieu de 6) Mwahaha ça fait du beau »boulet » de compet’ ça!!.

On a passé des moments magiques en votre compagnie, MERCI. Notre voyage a réellement commencé avec votre rencontre, votre ouverture d’esprit et votre grand cœur.

Nous tenons quand même à nous excuser auprès de tous les membres de l’équipage pour l’excès de coriandre dans nos plats et l’overdose de graines de courges!

Au plaisir de vous retrouver dans le Pacifique (fausse rumeur), ou un beau jour sur snow ou skis !

Claire & Sylvain

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