No stress Cape Verde…

Après une traversée, un peu longue sur les bords, nous voilà à Sal, Île au Nord Est de l’archipel Capverdien. A première vue, une île très plate et pas très urbanisée. Nous nous arrêtons à La Palmeira pour faire les papiers d’entrée.

On récupère les grands-parents, parents de papa, et rejoignons la baie de Murdeira où papi et mamie étaient logés en nous attendant. Cette baie est réputée sur l’île pour ses fonds marins très poissonneux (comme un peu partout, le Cap Vert est un des endroits les plus poissonneux au monde), donc Raph et moi enfilons notre combi (franchement pas nécessaire), nos palmes et notre masque-tuba, et c’est parti pour une petite virée en sous-marin imaginaire. Une tortue nous accueille près des rochers, on est fous de joie. Les tortues, c’est comme les dauphins, ce sont des animaux reposants, qui inspirent la sérénité et le calme; magnifique, impressionnant, magique. Visite de l’île, nous nous arrêtons dans un cratère de volcan où sont cachés des marais salants dans lesquels il est possible de se baigner. C’est amusant,  on flotte tous seuls, comme avec des bouées sauf qu’on n’en a pas. En séchant, nos corps deviennent tous blancs de sel alors on se douche vite-fait-bien-fait avant de repartir.

Le lendemain nous nous dirigeons vers São Nicolau (toujours avec nos batostoppeurs, ils ne nous quittent plus!), île,un poil plus à l’Ouest, dans la baie de Tarrafal. Ce petit village est vraiment sympa, plage de sable noir sur laquelle reposent des barques de pêcheurs. Nous prenons un aluguer (pick-up Toyota avec des bancs installés à l’arrière, pour la plupart) pour visiter l’île, avec comme chauffeur Antonio Pedro (de la Vega, pour les intimes). Île très montagneuse qui semble assez aride et sèche à première vue mais… préjugé! L’île est finalement très verte à l’intérieur, des papayers, des bananiers, des orangers, des manguiers (sans fruits, à mon plus grand malheur), des  cannes à sucre, des racines de manioc, des « hervilios verdes » (sortes de petit pois), des « dragonneras » (ou arbres du diable)… autant de plantes et d’arbres que M. « De La Vega » nous fait découvrir à Ribeira de Prata, petit village perdu dans la montagne au terminus d’une route entièrement pavée, on ne peut plus confortable… Donc notre chauffeur nous propose une balade d’à peu près une heure (ou plus, ça dépend) dans la montagne pour arriver jusqu’au village de Fragata, pas plus gros, voire plus petit, que la Place du Pin à Agen, pour ceux qui veulent un repère. La marche était un peu plus longue que prévu (oups…) mais l’effort a été récompensé… Claire et Sylvain vous en parleront.

Ensuite, cap sur Santa Luzia, l’île interdite aux eaux turquoises et aux plages marbrées mais surtout l’île où Raph pêchera son premier poisson au harpon! il était plus qu’heureux. Voir avec Claire et Sylvain pour le reste. 😉

Après le petit stop sur l’île interdite, direction São Vicente et plus précisément Mindelo, au seul port, comme on l’entend, c’est-à-dire marina avec place à un ponton, eau (2 centimes le litre, l’eau est très rare et précieuse au Cap Vert), électricité et wifi disponibles. Ici, on retrouve quelques bateaux qui ne nous sont pas inconnus car c’est de là que tous les rallyes partent, mais aussi d’autres bateaux hors rallyes. Il y a un marché local un peu plus loin dans la ville, sympathique, et surtout, un marché spécialement dédié aux poissons, placé devant la baie (les pêcheurs viennent directement déposer leur butin ici) . Nous y allons faire un tour avec Raphaël (qui est un peu comme un enfant de 5 ans dans un JouetClub), et on découvre plusieurs sortes de poissons, des petits rougets aux thons de 100kilos (y’avait même des langoustes!). Il nous est également arrivé un petit problème avec les policiers… rien de grave mais quand même pénible… Claire et Sylvain avaient fait faire un petit drapeau Cap-verdien spécialement pour nous avec des inscriptions dessus (voir photos), que nous avons accroché à notre cata. Papa et maman étaient partis  faire des papiers, nous étions seuls avec nos grands-parents quand des policier faisant une simple ronde se sont arrêtés à notre bateau, nous demandant de descendre ce petit drapeau car c’était « une offense, un crime! » pour le pays… Ok, ok! Je le descends et un des deux policiers s’invite sur le bateau et me demande de lui donner le drapeau; je lui dis que tranquillement que je ne lui donnerais pas, que c’est un cadeau, qu’on le rangera et qu’on ne le sortira plus. Il insiste, Raphaël essaye de m’aider à le convaincre mais il ne veut rien entendre, on commence à s’énerver mais on lui tient tête, donc je m’en vais le ranger  pour ne pas qu’il me le prenne pendant que papi va chercher mon père pour essayer de discuter… ça ne marche toujours pas, il menace de nous mettre une amende si on ne lui donne pas, papa s’énerve… on appelle maman… ils vont finalement au poste de police avec le drapeau voir le « chef », qui au final garde le drapeau mais ne nous met pas d’amende. Bon… on est très déçus de perdre ce petit cadeau mais on se console en se disant qu’au moins ils ne nous ont pas mis d’amende…

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Bref, après avoir fait le plein d’eau et d’électricité, il est temps de dire au revoir (pour de bon cette fois ci) à nos batostoppeurs préférés en espérant les recroiser de l’autre côté de l’Atlantique.

Traversée de 24 heures jusqu’à l’île de Santiago, où nous rencontrons une vingtaine de dauphins dont quelques uns viennent jouer entre les coques du catamaran; on ne s’en lasse pas.  Arrivée à midi à Tarrafal (un autre Tarrafal, oui, il en existe plusieurs), très joli petit village de pêcheurs, ambiance typique et chaleureuse. Nous descendons à terre où Nazou « le Cap’taine de la plage » nous accueille et nous garde l’annexe.

On cherche un endroit où manger avant de laisser papi et mamie à terre. Nous arrivons devant un resto qui a l’air très sympa mais un italien, Alexandro, qui vit ici nous en conseille un autre, où, en plus, ils servent de la cachupa, le plat traditionnel du Cap Vert (oui, en fait on en cherchait partout mais à chaque restaurant soit ils n’en servaient pas, soit ils en servaient mais pas aujourd’hui…) donc on est super contents! C’est un plat qui tient bien au ventre, composé de maïs, de pois chiches, de viande et de poisson… autant vous dire qu’on n’avait plus faim! On s’en sort pour 4€ par personne, boissons et desserts compris… on ne connait pas le nom du resto mais on l’appellera « la cantine », on y retournera presque tous les midis de la semaine. On fait une brève visite du marché local, très mignon, avant de déposer nos grands-parents au taxi… On ne les reverra pas de si tôt… Bref, après une semaine passée à se balader dans le village, à plonger, à pêcher (Raphaël a fêté son anniversaire en allant pêcher avec des locaux sur une barque, on ne peut pas mieux comme cadeau pour un passionné comme lui!)…

Nos coéquipiers de transat nous rejoignent pendant la nuit. On les laisse se reposer avant de partir pour Praia, dernier (presque dernier) stop avant la transat. On part pendant toute l’après-midi faire le plein d’aliments au marché (qui était super, ambiance locale assurée) puis au supermarché. On avait entendu dire que Praia craignait un peu, qu’il y avait des vols sur les bateaux, et on se rend compte que les rumeurs vont vite, on était le seul bateau étranger au mouillage. Personnellement je n’ai pas ressenti d’insécurité à aucun moment, que ce soit à Praia ou même partout dans l’archipel.

On repart avant la nuit pour Fogo, où nous ferons un mini-stop de 30 minutes, juste histoire de se reposer de la mer agitée, avant de nous rediriger vers Brava, l’île la plus au Sud et la moins touristique du Cap Vert. On va une dernière fois à terre, l’arrivée est difficile, la plage est entièrement composée de galets et les vagues cassent au bord. Après 20 minutes à tourner pour trouver un endroit où s’accoster sans risquer de blesser qui que ce soit, on met enfin le pied à terre. Nous mangeons dans un restaurant local notre dernier repas sur la terre ferme avant quelques jours…

A l’heure où j’écris nous nous apprêtons à partir dans moins de 2 heures pour une douzaine de jours sans voir la Terre. On est impatients et en même temps un peu stressés, mais il nous tarde.

A bientôt,

Ma des ToLiMaRa

9 réflexions sur “No stress Cape Verde…

  1. Nous vous souhaitons une très bonne annee2018
    Nous avons lu avec beaucoup d’interet la prose de Mathilde .C était vraiment très intéressant. Continuez à exploiter les talents de chacun
    Gros bisous à tous et bon vent Michèle et Alain

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      1. Super, felicitations au capitaine et à l’équipage pour cette 1er transat, c’est pas rien. Amusez vous bien.
        vincent

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  2. Bonne et heureuse année 2018 pour toute la famille.
    Mais à vous lire vous avez déjà bien terminé 2017.
    Cordialement
    Thierry et Nils

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  3. Bonne année à vous 4. Vous avez bien terminé 2017, vous en avez pris plein les yeux et bien je vous en souhaite tout autant pour 2018. Bisous et surtout bon vent…

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  4. Bonjour les TOLIMARA,

    Vous qui êtes au soleil, pensez à nous les Navarrossais qui depuis Décembre subissons le vent, la pluie ,un temps à pas mettre un chien dehors et pourtant on le sort tous les matins, raz le bol de ce temps pourri. C’ était pour vous faire regretter d’avoir quitté l’Aquitaine !!!!!!!!! Nous avons suivi votre périple avec passion et enthousiasme ,un vrai régal, bravo au pécheur, aux rédacteurs,à tout l’équipage et au cuisto. Toute la famille se réunit pour vous souhaiter une très bonne année 2018. Profitez au maximum de chaque instant. Si vous êtes en Guadeloupe,vous rencontrerez peu-être des Marcadet,les deux frères de Guy sont en vacances et il y en a un qui lui ressemble beaucoup, ils ont la même coupe de cheveux !!!!!! et l’accent du pays !!!! Chez nous tout va bien.

    Nous vous embrassons et vives les vacances. Guy et Francine.

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    1. Coucou Francine, bonne et heureuse année à vous aussi! On est aussi sous la pluie mais à 30 degrés dehors, c’est largement supportable! On est content que vous suiviez nos aventures ! La transat est en ligne depuis quelques minutes! Bonne lecture. Bises à toute la famille

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